Péridot

Utilisé depuis l’antiquité jusqu’au Moyen Âge, puis peu à peu tombé dans l’oubli, le Péridot connaît depuis les années 1990 un vif regain d’intérêt, grâce à la découverte de nouveaux gisements contenant des pierres d’une qualité incomparable. Même s’il n’atteint pas la haute valeur de l’émeraude, le Péridot séduit les amateurs de pierres précieuses par sa belle couleur verte aux nuances dorées. Cette fraîche couleur de citron vert est la marque distinctive du Péridot.

La couleur de la plupart des gemmes provient de traces incluses d’autres éléments, mais celle du Péridot est due entièrement à sa composition chimique. C’est une gemme « idiochromatique », ce qui signifie que sa couleur est produite par la structure cristalline du minéral lui-même, et non par des impuretés ; on ne peut donc le trouver qu’en diverses nuances de vert, c’est l’une des rares gemmes qui n’existent qu’en une seule couleur.

Sa riche teinte verte, rehaussée d’une légère pointe d’or, est due à la présence de fer. Chimiquement, le Péridot est juste un silicate de fer et de magnésium. L’intensité de sa couleur dépend de la quantité de fer qu’il contient. Il peut présenter toutes les nuances du jaune-vert au vert olive, voire au vert brunâtre. Les Péridots les plus colorés comprennent de 10 à 15% de fer, ainsi que des traces de nickel et de chrome qui contribuent aussi à embellir la couleur.

Histoire du Péridot

Le nom « Péridot » signifie « pierre dorée » en grec (peridona) ; il est également dérivé du français « péritot », qui signifie « trouble », à cause des inclusions typiques de cette pierre. Selon d’autres sources, il proviendrait du mot arabe « faridat » qui signifie « pierre précieuse » ou « perle ».

Le Péridot est une pierre fort ancienne qu’on trouve déjà dans les bijoux égyptiens du début du 2e millénaire avant J.-C. Les pierres utilisées à cette époque provenaient d’un gisement situé sur une petite île volcanique de la Mer Rouge, dénommée Zabargad, à 26 km de la côte égyptienne d’Assouan. Le Péridot est mentionné dans de nombreux manuscrits des civilisations anciennes. Il est entouré de beaucoup de légendes et d’histoires. De tous temps, le Péridot a été confondu avec bien d’autres gemmes, y compris l’Émeraude. De nombreuses « émeraudes » de trésors royaux se sont révélées être des Péridots.

Les Romains de l’Antiquité appréciaient beaucoup cette pierre à l’éclat vert rayonnant, qui ne se modifie pas même sous une lumière artificielle. Ils l’ont surnommée pour cette raison « l’émeraude du soir ». Certaines légendes racontent que le Péridot était la gemme favorite de Cléopâtre. En Europe, le Péridot fut sans doute rapporté par les Croisés. Il était présent dans les églises médiévales où il ornait maints trésors, comme la Châsse des Rois Mages dans la cathédrale de Cologne, qui comporte de grands péridots de plus de 200 carats. Une légende raconte toutefois que les Croisés ne découvrirent jamais le gisement de Zabargad, tellement le secret était bien gardé. Durant la période baroque, cette pierre d’un vert profond connut une nouvelle et brève heure de gloire, puis elle est quelque peu tombée dans l’oubli. Napoléon offrit néanmoins un Péridot à l’impératrice Joséphine pour l’assurer de son amour et de son admiration éternels… bien sûr avant qu’il ait annulé leur mariage.

Ayant de longue date une réputation mystique, le Péridot a souvent été utilisé comme un talisman. Selon d’anciennes croyances, il était un don de Mère Nature, célébrant la création annuelle d’un nouveau monde. Jadis, les chefs qui portaient un Péridot étaient censés être justes et sages.

Origine et sources du Péridot

Le Péridot est une variété d’Olivine qui est quant à elle un mélange de deux minéraux : forstérite et fayalite. Ces minéraux entrent en grande partie dans la composition du manteau terrestre, la couche située juste en-dessous de la croûte externe. Si l’Olivine est très abondante, le Péridot de qualité gemme est en fait plutôt rare.

Sa beauté est le résultat de conditions extrêmes. La plupart des pierres précieuses d’origine minérale sont issues de la croûte terrestre, mais il existe deux exceptions : le Péridot et le Diamant, qui se forment bien plus en profondeur, dans cette zone que l’on appelle le manteau. Les cristaux de Péridot sont créés dans le magma du manteau supérieur, à une profondeur de 30 à 90 km, à des températures et des pressions extrêmes, et remontent vers la surface grâce à l’activité tectonique ou volcanique. C’est pourquoi on les trouve dans les roches issues des volcans, mais aussi parfois dans les météores qui tombent sur la Terre, comme celui de Sibérie au 18e siècle.

Aujourd’hui, 80 à 90% des tous les Péridots sont extraits des mines de la réserve Apache de San Carlos à Gila County et de Buell Park à Apache County, en Arizona (Etats-Unis). Les pierres provenant de cette région offrent de belles couleurs mais sont de taille relativement petite. Une fois taillé, le Péridot d’Arizona dépasse rarement les cinq carats. Il est dit de « qualité commerciale ».

Toutefois, le Péridot était quelque peu passé de mode quand, au milieu des années 1990, il redevint la nouvelle sensation des salons de joaillerie partout dans le monde. La raison en est la découverte en 1994, au Pakistan, d’un gisement formidablement riche de Péridots parmi les plus fins, aux environs d’un col inhospitalier à 4500 m d’altitude, dans la région du Cachemire à l’extrême ouest de l’Himalaya. Ces cristaux d’une taille et d’une finesse exceptionnelles sont extraits et acheminés dans la vallée dans des conditions climatiques pénibles, qui ne permettent d’exploiter le gisement que durant les mois d’été. Ces pierres d’une couleur et d’une transparence incomparables ont contribué à redorer l’image de cette belle pierre, qui s’était plus ou moins ternie depuis quelques siècles.

Afin de mettre en valeur la haute qualité des Péridots pakistanais, ceux-ci ont reçu l’appellation de « Péridots du Cachemire », inspirée des fameux Saphirs du Cachemire. Des joaillers ont réussi à tailler certaines pierres uniques de plus de 100 carats, d’une beauté fascinante, à partir de cristaux d’un vert magnifique.

De fort beaux spécimens sont également extraits dans la région de Mogok, au nord de la Birmanie, et une bonne quantité provient de mines chinoises. On en trouve aussi au Vietnam, en Australie (Queensland), au Brésil (Minas Gerais), au Kenya, au Mexique, en Norvège, en Afrique du Sud, au Sri Lanka et en Tanzanie.

Valeur du Péridot

Le Péridot ajoute une variante merveilleuse au spectre de couleur des gemmes vertes. Et depuis que le monde de la mode est en train de redécouvrir son amour pour la couleur verte, la popularité de cette gemme d’un vert intense est également en pleine expansion.

Grâce aux récentes découvertes du Pakistan, il y a maintenant abondance de matériau brut sur le marché, et l’on peut facilement trouver « la bonne pierre » qui satisfait le goût et le portefeuille de chacun. Toutefois, les pierres de belle taille, très transparentes et d’une couleur intense sont rares et d’autant plus chères. Les Péridots naturels de la qualité la plus fine, d’un vert exempt de toute nuance de jaune ou de brun, sont ceux qui possèdent la valeur la plus haute.

Comme pour la plupart des pierres précieuses, la présence des inclusions diminue la valeur du Péridot. Les inclusions les plus typiques du Péridot, dénommées « nénuphars », sont les grains de biotite.

La valeur des Péridots augmente avec leur taille. Les pierres d’un poids inférieur à trois carats sont assez abordables. Par contre, leur prix augmente au-dessus de cinq carats. Ceux qui dépassent les dix à quinze carats sont rares, mais produisent un effet remarquable pour un prix encore raisonnable.

Les Péridots sont très rarement traités. On peut même dire qu’ils ne le sont pratiquement jamais.  Si toutefois la gemme est traitée, ce sera par la chaleur, en vue de rehausser sa couleur.