Citrine

Depuis son introduction dans le monde de la joaillerie dans les années 1930, la Citrine est rapidement devenue l’une des pierres précieuses les plus populaires. Son nom provient de sa couleur – le jaune du citron – bien que celle-ci varie de jaune pale à brun foncé en passant par toutes les tonalités intermédiaires, jaune doré intense, orange, rouge orangé. Même si son indice de réfraction est relativement bas, cette pierre jaune possède un ton chaud et velouté qui semble avoir capturé les derniers feux de l’automne. À la fois dure et douce, tel un vin du Rhin doré ou un Madère pétillant, la chatoyante Citrine apporte un rayon de soleil aux ternes jours de novembre.

La Citrine, comme toutes les autres variétés de la grande famille des quartz, est un dioxyde de silicium (SiO2). Elle tire sa couleur de l’oxyde de fer en suspension colloïdale. Les cristaux de Citrine se présentent sous la forme de bouquets ou de pyramides saillantes. De nombreuses Citrines entament leur vie en tant qu’Améthystes. Elles obtiennent leur couleur dorée quand les Améthystes sont naturellement chauffées dans les profondeurs de la terre. À l’issue de ce chauffage doux et lent, le violet s’estompe et le jaune doré prend sa place.

La Citrine est la pierre porte-bonheur des natifs du mois de novembre. Elle est également la gemme anniversaire de la treizième année de mariage.

Histoire et sources de la Citrine

L’histoire de l’engouement pour ces pierres jaunes ou rougeoyantes a commencé quand, dans les années 30, des tailleurs d’agates d’Idar-Oberstein (Allemagne) expatriés en Amérique du Sud ont expédié chez eux de grandes quantités de Citrine, ainsi que d’Améthystes et d’Agates, extraites au Brésil et en Uruguay. Ces quartz jaune-doré contribuèrent alors à ce qu’Idar-Oberstein devienne – et demeure – la place incontournable de la taille et du commerce de pierres précieuses dans le monde. Tout comme ils avaient l’habitude de le faire pour l’agate et d’autres quartz, les lapidaires taillèrent la Citrine à facettes, utilisant de grandes meules de grès rotatives.

Cette arrivée en Europe de matériau brut en quantités suffisantes arriva juste au début d’un bouleversement des conditions sociales. Alors que la bourgeoisie gagnait en importance, la demande en bijouterie s’accroissait aussi parmi un éventail plus large de couches sociales, et la Citrine trouva là une niche pérenne. Ces cristaux de quartz jaunes et bruns devinrent très populaires chez les dames, sous le nom de « Topaze dorée » ou « Topaze fumée », ou d’autres noms à rallonge qui indiquaient leurs origines (Topaze de Bahia, d’Espagne, de Palmyre, etc). On les trouvait également, taillés en table ou en carré, sur les chevalières ou boutons de manchettes des tenues de soirée de messieurs distingués. Il est possible qu’à l’époque, l’expression « tout dans l’apparence » ait joué un rôle, et qu’il était « de bon ton » de faire passer des Citrines pour des Topazes. Mais il n’existe aucune autre pierre dont le faux nom s’est cramponné aussi obstinément que la Citrine.

De nos jours la plupart des Citrines proviennent du Brésil, principalement de la région de Rio Grande do Sul. Les gisements de Citrine sont très rares, et la plupart de gemmes sont obtenues par le traitement thermique des Améthystes. Les découvertes historiques ont eu lieu en Espagne, sur l’île écossaise d’Aran, en France, en Hongrie et dans quelques mines outremer.

Valeur et traitement de la Citrine

La Citrine est l’une des pierres précieuses les plus abordables. Qu’elle soit traitée ou pas, sa valeur dépend essentiellement de la qualité de la pierre, de l'intensité, de la richesse et de l’uniformité de sa couleur. Une teinte orangée plus intense allant jusqu’à brun-rouge, souvent appelée « Citrine de Madère » a été, il y a un certain temps, prisée comme la couleur de référence. De nos jours, la plupart des gens préfèrent les couleurs citron ou jaune doré qui s’assortissent mieux aux teintes pastel.

On trouve la Citrine en de nombreux degrés de clarté. Les pierres sans inclusions ont évidement bien plus de valeur. Les pierres taillées à facettes sont habituellement sans défaut, ou juste avec quelques inclusions à peine visibles. Les Citrines contenant des inclusions sont taillées en perles ou en cabochons. Comme la pierre est assez abondante même dans les grandes tailles, sa valeur par carat n’augmente pas avec la taille.

La plupart des Citrines disponibles sur le marché sont des Améthystes traitées. C’est au milieu du 18e siècle que l’on a découvert que l’Améthyste et d’autres quartz enfumés pouvaient virer au jaune par chauffage. Ce traitement, à des températures comprises entre 470 et 560 degrés, doit être effectué avec beaucoup de soin et requiert une grande expérience. Cependant, au cours des deux derniers siècles, sa mise en œuvre est devenue tellement évidente que la plupart des pierres disponibles actuellement sur le marché sont en fait des Améthystes ou d’autres quartz chauffés. Cette pratique est tout à fait acceptée dans le commerce.

Depuis peu, des Citrines synthétiques fabriquées par les Russes et les Chinois inondent le marché. Cependant leurs prix sont proches de ceux de la Citrine naturelle. Il semble impossible de distinguer ces pierres synthétiques des gemmes naturelles en utilisant un équipement de test conventionnel, il convient donc d’être prudent si l’on s’en procure auprès de sources douteuses.